Je passe un coup sur Netflix  et je vais essayer de creuser un peu. Voir ce que le poids lourd de la V.O.D a sous le coude. Christophe Gans a dit à propos de Netflix : « c’est un vidéoclub de province ». C’est à peu près ses mots. C’est à dire que vous avez toujours en tête de gondole les produits d’appel, et il faut prendre le temps de regarder dans les rayonnages pour dégoter la perle. Et il y a l’algorithme. Plus vous regardez de films ou séries sur Netflix, plus ils vous proposent le même type de films ou de séries. Et pour découvrir un peu il faut ouvrir son champ. C’est à dire se renseigner ailleurs, ou creuser tel Indiana Jones à la recherche de l’Arche. Ne pas se laisser guider par les propositions automatiques qui vous balanceront toujours les dernières séries ou films produites par le géant. Il faut relever les manches et plonger dans les profondeurs du catalogue.

Et… Ben oui, y’a de quoi alimenter les longues journées qui nous attendent sans céder aux sirènes des premières pages. Vous avez certainement vu le discours de Ricky Gervais aux derniers oscars. Son humour corrosif, sans tabous et sans limites inonde quelques coursives de la plateforme. Passez d’abord faire un tour sur You Tube pour retrouver les tubes essentiels de la Rock Star David Brent. Oui, David Brent le boss de Wernham Hogg  dans la version anglaise de The Office. Le patron misérable, misogyne, raciste et près à n’importe quoi pour se faire aimer. À la fin de la série David Brent partait vivre sa vie de Rock Star. Il en résulte 2 clips ou éclate son talent.

Lady Gypsy Official Video
Une chanson d’amour pleine de poésie.

Un film racontant sa vie
Equality Street – En duo avec Johnson
Une Chanson sur la tolérance.


Puis une fois n’est pas coutume, je vous conseille son One-man-Show.
En vrai, à chaque fois qu’il sortira un nouveau One-Man Show je me précipiterais dessus comme un confiné sur du papier toilette en solde. Son One-Man-Show dispo sur Netfix (prends ta dose) s’appelle Humanity. Ce que j’ai vu de plus fort en terme de One-Man-Show. Vous êtes pas prêt mais allez-y quand même.
Écrite et réalisée par le bonhomme, la série After Life a pointé son nez sur NetFreaks l’an dernier. C’est une série magnifique, d’une justesse émotionnelle incroyable. Elle aborde le thème de la résilience ; comme faire le deuil quand une personne qu’on aime nous quitte. Il aurait pu en faire un pensum dépressif. Mais c’est Ricky Gervais, il en fait une déclaration d’amour gigantesque une ode à la vie jamais clichée, jamais fleur bleue, mais blindé d’humour méchamment noir et d’une intelligence humaine rare. La série touche au coeur sans jamais chercher à tirer les larmes. Les personnages sont authentiques, justes, drôles, et profondément touchants. Elle n’est pas très longue. Elle donne envie d’aimer les gens. Ça vous changera des Walking dead. Regardez cette série, c’est vraiment une des perles de Netfric.

Du coup, dur de passer après Ricky Gervais. Mais si vous l’avez pas vu passer, jeter un oeil à Last Man.

Last Man 2016
Série d’animation française
Crée par Jérémie Perrin et Laurent Sarfati

Richard Aldana, un jeune boxeur, se retrouve avec la gamine de son meilleur ami sur les bras. Mais la petite Siri est traquée par une secte de fanatiques qui croient à l’existence de la Vallée des Rois, un monde de légendes dont elle serait la clef.

Ce n’est pas une adaptation de la BD de Bastien Vivès, Balak et Michaël Salanville, elle se déroule avant.
Une bonne occasion de la regarder avant de lire la BD ! Hyper speed, sans temps mort, drôle et trash, elle se dévore comme un paquet de friandises qui piquent : avec frénésie et gourmandise !

Après cela Balak, Bastien Vivès, Alexis Beaumont, Jérémie Perin ont créé le Studio Bobbypills spécialisé dans l’animation pour adultes Et deux de leurs séries folles ont atteri sur NetFist.

Vermin – 2018
de Alexis Beaumont, Hafid F. Benamar and Balak

Mantos, jeune mante religieuse, rejoint la ville pour débuter sa carrière dans la police. Il se retrouve alors à devoir faire équipe avec la pire coéquipière possible, Chemou, une mouche dépressive et alcoolique ayant toujours travaillé seule. Ce binôme improbable s’apprête à vivre des aventures déjantées au milieu d’une décharge publique.

Un rythme impeccable. Humour trash (… et encore je repense à certaines scènes je suis loin du compte), références subtiles (… non, en fait. Mais à pisser de rire), langage grossier (ben oui y’en faut). Chemou est jouée par la rappeuse Casey et visiblement elle s’amuse comme une folle. On s’enfile la série comme un plateau de Sushis en se disant Damned, c’est bien trop court. Vivement la saison 2.

Crisis Jung – 2019
de Baptiste Gaubert, Jérémie Périn, Jérémie Hoarau and Laurent Sarfati

Bienvenue dans un monde ravagé par les explosions de violence, un monde sans amour. Bienvenue dans le règne de petit Jésus. Dans ce monde, Jung, le héros au cœur brisé, poursuit sa quête: réunifier Maria, son amour perdu, sauvagement décapitée par Petit Jésus. Il pourra compter sur le soutien d’alliés croisés au hasard de sa route sanglante, des rencontres qui lui en apprendront beaucoup sur les autres, mais surtout sur lui même. Il devra aussi malheureusement composer avec ses “crises de violence”, une malédiction incontrôlable qui prend source dans son âme meurtrie.

J’ai moins aimé. L’histoire est assez redondante et téléphonée. Je conseillerais de ne pas regarder tous les épisodes à la suite sous peine d’overdose. Mais l’animation est excellente et rappelle les mangas de notre enfance. À nous les vieux. En plus violent, beaucoup plus. C’est proche de Ken le Survivant. À découvrir parce qu’en France, enfin, l’animation ce n’est pas que pour les moins de douze ans.

Mad Men

Et puis bien sûr Netflix y’a un catalogue assez dingue qui permet de rattraper son retard sur un paquet d’excellentes séries dont on n’a jamais vu la fin. La liste est longue. En voici quelques unes.

Mad Men – 2007 -2015
de Matthew Weiner

Dans le New York des années 60, Don Draper est l’un des grands noms de la pub. Maître manipulateur, il compte dans son entourage des ennemis qui attendent sa chute.

Magistrale. la construction du cynisme publicitaire décortiqué avec brio en plus d’une photographie parfaite de la vie et des rapports hommes/femmes dans les années 60.

The Get Down – 2016
de Baz Luhrmann

Dans les décombres du South Bronx, une bande hétéroclite d’adolescents perdus et sans avenir qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes et n’ont pour seules armes face à la vie que leurs joutes verbales, leurs pas de danse improvisés, et quelques gros feutres et bombes de peinture. Des cités du Bronx aux galeries d’art de SoHo, du CBGBs au Studio 54 en passant par les tours de verre d’un World Trade Center à peine achevé, cette nouvelle jeunesse en perdition va se frayer un chemin dans ce New York au bord de la faillite, donnant naissance au hip-hop, au punk et au disco…

L’aventure de la naissance du hip-hop dans le Bronx des années 70-80. Romancé mais tellement cool !

Sense 8 – 2015 – 2018
de Lilly WachowskiLana WachowskiJ. Michael Straczynski

Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s’entendre et de se parler comme s’ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s’adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d’eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l’humanité.

Sans doute la meilleure oeuvre des soeurs Wachowski avec la trilogie Matrix. En plus d’être une série dingue dont le principe se base sur un travail de montage tout simplement démentiel. Une déclaration d’amour à leur art et à l’acceptation de ce qu’on est profondément.

Penny Dreadful – 2014 – 2016
de John Logan

Dans le Londres de l’époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d’Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population…

Une série horrifique et fiévreuse qui est tout ce que le film La ligue des gentlemen extra ordinaire n’est pas : Une vraie série gothique, adulte, flippante et poignante. Eva Green y est incroyable.

The IT-Crowd – 2006-2013
de Graham Lineham

Chez Reynolds Industries, les hautes tours de l’entreprise sont remplies de beaux et heureux employés qui ne tarissent pas d’histoires de succès. Sauf ceux qui travaillent dans le sous-sol : le département du support informatique. Alors que leurs collègues évoluent dans un cadre magnifique, Jen, Roy et Moss doivent se contenter d’une cave sombre et horrible, et se battre pour en faire un environnement vivable…

Parce que je connais un peu cet environnement de travail, une série plus drôle que the Big Bang theory à mon avis. 

On s’extrait de la galerie Netflix un peu, on y reviendra forcément, je vais aborder plusieurs séries coup de coeur.

Grâce à un pote Irlandais à l’humour dévastateur, j’ai eu la chance de pouvoir élargir mon champ d’investigation sériel et découvrir tout un pan de la série britannique qui aura sans doute bousculé à jamais mon imaginaire, mon humour et mon équilibrer mental. 

J’évoquerais rapidement :

Father Ted – 1995 – 1998
de Graham Lineham et Arthur Mathews

Les aventures de trois prêtres irlandais coincés sur Craggy Island. Ted est un prêtre qui a été envoyé sur cette ile car il a détourné de l’argent. Dougal est un prêtre simple d’esprit et Jack est un prêtre alcoolique et qui ne sait dire que trois mots. Ce trio est complété par une gouvernante et par une panoplie d’autres prêtres stéréotypés. 

Tout est dans le synopsis. C’est totalement irrespectueux, malpoli et décalé. C’est à se dessécher tellement on se pisse dessus de rire. Malheureusement la série n’est jamais sortie en France. Graham Lineham, le réalisateur, accouchera plus tard de la série The IT-Crowd.

Rick Mayall est un autre humoriste ultra-célèbre au Royaume-Uni, qui semble décidément bien pourvu de ce côté-là. Avec son collègue, comparse, ami Adrian Edmonson, ils ont joué, entre autres dans la série :

Bottom – 1991 – 1995
de Rick Mayall et Adrian Edmonson

Cette série met en scène les aventures désopilantes, mais d’un goût parfois douteux, de deux rebuts de la société, bêtes, méchants et obsédés, cohabitant dans un appartement crasseux.

« … Mais d’un goût parfois douteux… » N’en dites pas plus j’ai envie de la revoir.

Cette série, c’est un peu comme si Mr Bean avait pris du speed. Comme si Bugs Bunny, Daffy et tous leurs amis étaient devenus des personnages de chair et de sang et avaient continué à se taper dessus, se tendre des pièges. Elle était disponible sur l’Itunes Store.


P.S : j’ai découvert les personnages par l’intermédiaire du film Hôtel Paradiso, une maison sérieuse. Un de mes films préféré, avec la plus belle scène de vomi du monde, vous le reverrez probablement passer dans une liste.

Hannibal – 2013 – 2015
de Bryan Fuller

La relation étrange entre le célèbre psychiatre Hannibal Lecter et l’un de ses patients, un jeune profiler du FBI nommé Will Graham, torturé par sa fascination dévorante pour les serial killers…

Parce que au-delà des films (Le Sixième sens, Le silence des Agneaux, Hannibal…) la série trace un sillon personnel, unique qui fait de la relation étrange entre Will Graham et Hannibal Lecter le moteur de la narration. La mise en scène nous plonge peu à peu dans la même fascination étrange pour le personnage génialement interprété par Mads Mikkelsen (à son apogée), et frise par moments l’expérimental pour nous faire ressentir la désorientation du héros, son attirance vertigineuse pour le mal. Une expérience sans concession à vivre intensément.

Evidemment il y en a encore quelques autres, en dehors des séries les plus connues, mais je voudrais terminer avec ce qui est ma série préférée. Celle qui m’a fracassé physiquement, mentalement après l’avoir vue. Celle qui m’a presque fait arrêté de regarder les séries tant il me semble qu’elle atteint un pic narratif jamais égalé. La série qui semble être la descendante directe de Twin Peaks, sa filiation légitime. Cette série c’est The Leftovers.

The Leftovers – 2014 – 2017
de Damon Lindelof
la chance, elle est disponible sur MyCanal

Une série en 3 saisons, écrite par Damon Lindelof (le gars derrière Lost). 

Du jour au lendemain, un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la terre. Ces gens, de tout âge, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l’angoisse, voire le désespoir. Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgarde de Mapleton, une petit ville près de New York, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui s’est passé, ni ceux qui ont disparu. A l’approche des cérémonies de commémoration, le chef de la police locale, Kevin Garvey, est en état d’alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule comparable à une secte…

La première saison pose dès les cinq premières minutes son enjeu : 2% de la population disparaît et il n’y a aura pas d’explications à cela. On va simplement découvrir ce qui se passe après. Comment les gens continuent à vivre.
Ça pourrait paraître décevant (comme a pu l’être pour certains la fin de LOST) mais c’est tout le contraire. La saison présente la galerie de personnages dont on suivra l’évolution, joue avec nos attentes et la construction narrative classique des séries, pose un climat anxiogène, interroge la foi, les croyances… Elle est adaptée du roman du même nom de Tom Perotta.

À partir de la deuxième Damon Lindelof se détache du roman et la saison s’envole dès le départ vers ailleurs lointain qu’elle ne quittera plus jamais. À travers des personnages passionnants, mention spéciale à Nora Durst (Jouée par Carrie Coon) un des plus beaux rôle féminins vu dans un série, elle quitte tous les schémas traditionnels de la fiction pour nous embarquer sur des chemins de traverses empruntant à la philosophie : remise en question de la notion même de la fiction, de croyances, de mythes, de religions. La série interroge ce que nous sommes, ce que nous pensons être et ce qui est. Elle le fait évidemment sans lourdeur, avec un sens de l’absurde qui confine à l’humour, un rythme toujours captivant et une clarté que beaucoup pourrait ou devrait lui envier. Et à la fin de la saison 3, vous aurez incontestablement effectué un voyage mental personnel. 
En cette période de confinement, c’est peut être la seule série idéale à regarder. La série qui vous préparera à l’après avec bienveillance et attention. Une série qui, plus que vous occuper, fera grandir votre monde intérieur. 

Si vous pensez qu’une série ne peut être qu’un objet de distraction, passez votre chemin. Mais si vous pensez que parfois une série au même titre qu’un livre, un film, une peinture, une oeuvre musicale peut être un objet artistique qui vous permet fait grandir, évoluer et appréhender différemment le monde cette série est faite pour vous. 

Tony