Salut !! Moi c’est Yanis. Actuellement en stage chez ODIL, j’accompagne Ben et Laetitia dans les activités quotidiennes du média.
Dans le cadre d’un projet commun, nous étions réunis à l’Atelier du coin avec Thomas, responsable des lieux, ainsi que diverses personnes en formation pour travailler sur une cartographie racontée du quartier du Plessis.

Nous étions au total une bonne douzaine. J’en connaissais déjà certains. Nous avons parlé ensemble du projet, comment le construire, comment le porter. On s’est tous écoutés mutuellement, on a tous échangé nos différents points de vues sur les espaces végétalisés, les zones de jeux, le béton, les blocs, ce qu’on voit et entend, les ressentis et sentiments vis-à-vis des gens, des jeunes, des paysages, du Trait d’Union, de la convivialité et de la vie en générale de ce lieu que certains nomment la ZUP. Deux groupes se sont formés et ont commencé à retranscrire sur carte, leur vision du quartier du Plessis.
On a ensuite comparé les différences, les points communs.
Les deux groupes étaient totalement absorbés par la carte et chaque détail qui s’y incluait. Une belle passion que ce projet-concept.

J’ai profité de ce moment pour poser quelques questions à Thomas, encadrant technique et pédagogique de l’Atelier du coin.

Quel est ce projet ? Son but ?

Le projet à la base est une initiative de “Tisseurs de liens” qui regroupe plusieurs collectifs et partenaires. C’est coordonné par l’association “Antipodes”.
Cette année, interviennent parmi ces groupes des collèges, des lycées… et nous, en ce qui concerne le projet des cartes. L’Atelier du Coin travaille en collaboration avec ODIL, et l’idée est de donner la possibilité à des habitants de parler de leur quartier, ici en l’occurence le Plessis, mais il y aura aussi le Bois du Verne, et d’en faire des cartes.
En fait, en fabricant une carte, forcément on doit se poser des questions, on cherche à y répondre, en se demandant : “Qu’est-ce qu’il y a dans mon quartier ? Comment ça se passe ? Quels sont les liens entre les habitants ?”. Donc l’idée, dans un premier temps est de libérer la parole, proposer un outil qui est, dans le cadre de l’Atelier du coin, la gravure, la lino-gravure….les outils d’ODIL, c’est plutôt le son, la vidéo, et en combinant nos outils on va donner aux gens de la matière pour pouvoir s’exprimer via ces cartes. Après, on ne sait pas trop ce qu’on va en faire. Ça va être surement être présenté aux partenaires et associations avec qui on travaille, et bien sûr aussi aux habitants du quartier.
On veut vraiment montrer aux gens qu’il n’existe pas une seule image, une seule définition de ce quartier. Qu’un quartier n’a pas la même symbolique et/ou définition selon les personnes qui en parlent. Tout dépend de ce qu’il représente pour nous. Chacun le vit différemment. Ce n’est pas antinomique.

Qu’est-ce qu’une carte subjective et populaire ? A quoi ça sert ?

Une carte, c’est une image d’un territoire, d’un lieu de vie.
Subjective, c’est à dire qu’on ne s’embête pas avec des termes d’architectes, avec la géométrie, les côtes de niveau, ça on met de côté.
En gros, on enlève le côté “traditionnel/professionnel”, mais cela n’empêche pas d’utiliser des codes et des façons de faire conventionnelles.
Nous, on a fait le choix de fabriquer nos propres méthodes, symboles et outils pour représenter le quartier selon notre vision collective.
Et on donne la possibilité ensuite aux habitants de se réapproprier ce travail pour l’enrichir. Ce projet, c’est vraiment un test pour regarder l’outil, si il manque des choses, si ça marche… et l’objectif par la suite c’est d’aller faire la même chose avec d’autres structures (écoles, centres de loisirs, centre social…) et différentes personnes (seniors, ados, enfants,…). Aux gens de l’atelier de s’en emparer puis de le partager avec le plus de monde possible.

Parle-nous de la technique pour construire ce projet. Quel matériel ? Pourquoi ?

Pour que l’Atelier du Coin participe au projet, il fallait un lien avec la gravure, c’est un des métiers de base pratiqué ici. Et donc pour illustrer ces cartes, on a gardé ce concept en lui donnant la forme de tampons illustrant des symboles que l’on a créés à partir de ce que l’on pense trouver dans un quartier (la végétation, des personnes, des animaux, des écoles, structures,….). Et cet après-midi, on a réfléchi comment enrichir ces symboles, en créer d’autres ou si les symboles que l’on a déjà suffisent à exprimer notre vision du quartier.

Qu’est-ce que ça représente/évoque pour toi le quartier du Plessis ? Et même un quartier en général ?

Je suis architecte de formation. Donc pour moi, l’espace c’est quelque chose d’essentiel. On a l’espace de son corps qui crée des distances, qui lient les corps. Puis on a l’espace des habitations aussi. Quel est le voisin le plus proche,….et après encore plus large, on a le quartier. C’est un ensemble de gens qui sont proches les uns des autres, physiquement, dans la solidarité, les valeurs,….puis ensuite il y a d’autres échelles (la Ville, le Canton, le Département, etc….) tous complémentaires. Donc pour moi, le quartier c’est un lieu de vie qui appelle la proximité et qui s’inclut dans d’autres échelles plus grandes ou plus petites. C’est des espaces emboités les un dans les autres. Mais l’échelle du quartier c’est vraiment l’échelle la plus humaine. C’est une échelle de vie moins abstraite que la ville. La ville c’est déjà un peu plus grand, on ne peut pas connaitre tout le monde, c’est déjà plus compliqué pour se déplacer d’un bout à l’autre et on est au delà d’un noyau plus intimiste.

Ce projet de cartographie se tiendra de Mars à Juin, les habitants du Plessis sont bien-sûr vivement conviés à participer et nous aider à redéfinir ce qu’est un territoire dans toute sa capacité inclusive, car les cartes aussi sont politiques.

Yanis MALOT, Mars 2021