Il y a quelques temps, la Compagnie Caracol nous a contacté pour relayer leurs événements. Ce n’est pas vraiment dans nos habitudes…
Mais quand on a découvert Tour de main, une rencontre entre artistes et artisans hors des lieux culturels habituels, on s’est laissés charmés.
Découvrez la Cie Caracol, pour qui raconter des histoires est non seulement naturel mais nécessaire !

En quelques lignes, vous pouvez nous dire qui vous êtes et présenter Tour de Main ?

Tour de main c’est une association entre artistes et artisans à la rencontre des habitants d’un territoire ! Nous avons envie de faire croiser les savoir-faire. Artistes et Artisans, deux mots qui viennent de la même racine latine, artitus, qui signifie bien instruit. “Peintre, poète ou autre artisan”, écrivait Montaigne, on parle bien là d’un même type de savoir-faire, qui permet de créer.
De manière générale, on peut noter aujourd’hui un regain d’intérêt pour les productions artisanales, pour réapprendre comment les choses sont faites et fonctionnent, pour une réappropriation ou une reconnaissance du cycle de production, de création (de la nature, d’un objet, d’une parole).
De la même manière qu’il nous a semblé toujours important de soigner la manière d’aller à la rencontre des publics dans nos dispositifs scéniques (que ce soit en salle ou en rue), il nous semble pertinent aujourd’hui de développer des partenariats avec des artisans locaux pour aussi se faire croiser les savoir-faire et les publics.
C’est l’occasion de jouer dans d’autres lieux, de toucher d’autres publics.

Animer et faire exister des créations artistiques en zones rurales, ça s’apparente à un acte politique et/ou poétique pour la Cie Caracol ?

Il nous semble primordial de présenter nos spectacles aussi sur le territoire rural sur lequel nous résidons, et ne pas nous cantonner aux lieux culturels des villes.
Pour cette deuxième édition, nous avons délibérément choisi de présenter ce projet au sein du village de Jully-les-Buxy, afn de nous adresser aussi, à tous ceux qui ne fréquentent pas les lieux institutionnalisés.
De plus, nous souhaitons aussi proposer cela à tous les résidents d’été (touristes, maisons secondaires, familles qui reviennent dans la région) pour leur permettre de connaître et à la fois le dynamisme culturel et artisanal du territoire.
“La poésie c’est le plus joli surnom donné à la vie” écrivait Prévert, et la politique c’est la vie de la cité, quelque soit sa taille, la vie en collectivité.
Poétique et politique sont indissociables, le mot politique et sa mise en pratique sont souvent complètement dévoyés dans l’usage et le sens courant qu’on lui donne aujourd’hui. 
D’ailleurs nous saluons au passage le maire et l’équipe de Jully-les-Buxy qui se soucient et s’impliquent réellement pour la poésie et la politique.

La Cie Caracol travaille depuis de nombreuses années sur l’art du récit et en étroite relation avec le territoire et ses habitants.
Raconter, faire entendre des histoires et donner la parole, c’est un geste nécessaire aujourd’hui ?

Raconter et dire des histoires est un geste intrinsèque à l’existence de l’humanité. Nous ne faisons que le cultiver dans une dimension qui nous correspond (car les publicitaires aussi passent leur temps à inventer des histoires pour nous faire acheter bien des choses inutiles…).

On peut savoir sur quoi vous travaillez actuellement et connaître votre actualité à venir ?

Deux projets en cours, l’un sur l’eau, SOIF, et l’autre sur l’enfance, LA BABEL DE POCHE. Vous pouvez trouver toutes nos infos sur le site : http://www.compagniecaracol.com ou sur https://www.facebook.com/compagniecaracol/