Nous avons rencontré Solenne Paris par le biais du dispositif de la Garantie Jeunes à Montceau-les-Mines. Pendant trois semaines, elle est venue découvrir les métiers de l’audiovisuel chez ODIL.
Son parcours l’a naturellement amenée à réaliser un reportage qui traite de l’artisanat. Quel prix sommes-nous prêts à payer pour encourager la création, la transmission de savoirs – faire ? Privilégions-nous l’artisanat à la production industrielle ? Portraits d’artisans locaux et expressions citoyennes pour la sauvegarde de ces métiers.



Solenne, tu es venu découvrir l’audiovisuel chez ODIL pendant 3 semaines, dans le cadre de la Garantie Jeunes de Montceau. 
Peux tu te présenter ? Nous parler de ton parcours ? 

Après le collège, je suis allée à Longchamp, une petite ville à côté de Dijon. Là-bas, j’ai passé un CAP de tournage en céramique et un brevet de métiers d’art. Ensuite, je suis partie à Paris passer mon diplôme des métiers d’art en céramique (qui est la suite logique après le BMA). Après, comme j’étais un peu perdue sur ce que je voulais faire, je me suis inscrite à la mission locale et j’ai fait une année de stage. 

Ta mission pendant ton stage, développer un sujet de sa conception au montage. Comment et pourquoi as-tu choisi de parler de l’opposition entre l’artisanat et la production industrielle ? 

Comme j’ai fait mes études dans le secteur de l’artisanat, j’ai pu voir que ce n’était pas des métiers faciles. Je pense que ce sont des métiers un peu “oubliés”. C’est plus facile (et moins cher) pour les gens d’aller acheter dans le magasin près de chez soi plutôt qu’aller à la rencontre des artisans. Mais ce n’est que mon avis…

 C’est quoi ta définition à toi de l’artisanat ? 

L’artisanat, c’est le métier de l’artisan. C’est un secteur qui offre une grande diversité de métiers, des métiers de passion, de savoir-faire et de liberté. L’artisanat, c’est la maîtrise d’un art. 

Le souffleur de verre interrogé dans ton reportage, Bernard, dit que les artistes sont des « emmerdeurs de cerveaux ». Tu considères que tu fais partie de ce clan ? 

Pour moi, je ne fais pas partie de ce clan. Peu m’importe si je fais poser des questions ou non aux gens, du moment que je fais ce qui me plaît !
Je commençais à trop m’enfermer dans le monde de la céramique. J’avais vraiment besoin de voir d’autres choses. J’ai envie d’un métier où je peux être polyvalente, la routine c’est pas pour moi !

Pourquoi toi-même, bien qu’ayant suivi un cursus en céramique, tu t’interroges sur ton avenir professionnel ? Tu penses que l’Artisanat est en danger ? 

Oui ! J’ai fait beaucoup de stages chez des artisans pendant mes études et j’ai très vite remarqué que la plupart ne s’en sortent pas financièrement, même s’ils font beaucoup de choses pour y arriver comme des marchés, des expos…

Quand on a une vingtaine d’année dans le bassin minier, c’est difficile d’envisager son avenir localement ? 

J’ai jamais vraiment envisagé mon avenir ici. J’aime bouger, voir d’autres endroits.

On est super fiers d’avoir accompagné tes premiers pas en vidéo, ça te donne envie de réaliser d’autres sujets ? Tu vas faire quoi après ? 

Oui, j’ai beaucoup aimé rencontrer différentes personnes et avoir de la liberté pour développer mon sujet. Pour la suite, il y a une formation de fabrication d’accessoires qui m’intéresse, mais pour l’instant, rien n’est sûr. J’y réfléchis.