Le Cri du Canari.
Un drôle de nom pour un événement.
Des oiseaux roses qui parcourent les lampadaires de la ville et ses vitrines vides. Une occupation de l’Espace Jeunesse un samedi entier, mis à disposition par la ville. Des ateliers, un débat, de la musique 100% Montcellienne… Des collaborations avec l’Atelier du Coin, la Mère en Gueule, la médiathèque…
Mais qu’est – ce – qu’ils ont bien voulu faire ?

C’est à la fois très simple et complexe.
D’abord, il s’agissait d’une présentation officielle de l’association, mais sans se prendre trop au sérieux. Une première occasion d’explorer ensemble les ambitions d’ODIL, de savoir comment et à quoi on travaille, avec quelle philosophie.

ODIL est née en Août dernier, quand il faisait très chaud et qu’elle s’est sentie assez grande pour voler des ses propres ailes. C’est une petite équipe ambitieuse et engagée qui travaille depuis à la création de programmes réguliers, diffusés sur ce site et sur les réseaux sociaux. 

Il y a Maëlle, la super héroïne de la coordination et de la mise en place des projets, Ben le rédacteur en chef et monteur/mixeur, Glug le cadreur et homme de toutes les situations techniques, Thibaut le stagiaire numéro un, Audric en service civique, Lucas à la trésorerie, Caroline à la présidence et au fond ethnologique, et Laëtitia à la direction. Il y aussi Christophe pour tous les jingles, les créations musicales. Et une dizaines de followers à toute épreuve qui soutiennent de près cette belle aventure, notamment lors d’événements comme celui de samedi dernier.

ODIL se définit par le terme Media d’Action. Outre ses missions de création d’information, la vulgarisation de savoirs et la mise en lumière d’initiatives locales, l’association travaille en toile de fond à la création de nouvelles formes documentaires, co-construites avec la population. 

Le Cri du Canari, c’était la première expérience odilienne de rencontre avec le public Montcellien. La propositon d’un espace d’échange, de mise en mots et en images de ce qui fait la singularité de ce territoire. On y a parlé de l’identité des villes ouvrières, de leur construction dans l’espace, de la psychologie des habitants qui portent l’héritage d’une histoire sociale à la fois récente, dense et pas toujours digérée. 

Il a été question aussi de la persistance de l’esprit de lutte, à travers la projection de 3 portraits de trois individus et de leur rapport à cette ville. Le début d’une série documentaire à la recherche de ce qui constituerait l’âme engagée ou contestataire des êtres qui traversent Montceau-Les-Mines, qui y sont nés ou qui l’ont choisie pour lieu de vie. Est-ce que la solidarité, l’humilité imposée par le labeur à la mine, la bienveillance supposée par métissage des familles en migration ont été transmises dans l’inconscient collectif ?
Sur ce territoire en mal de reconnaissance et en mutation, les individus partagent-ils une vision commune de l’avenir, s’autorisent-ils à rêver d’un futur aussi fort socialement qu’il a pu l’être à l’époque de l’exploitation du charbon ? 

Caroline, la présidente de l’association et ethnologue, a inventé le mot « UTALGIE » pour définir ce sentiment impalpable rapporté au fil de nos rencontres. Le mélange de nostalgie d’un passé glorieux, d’une ville à l’économie solide et qui rassemble les habitants autour d’un projet commun et de l’utopie qui persiste alors que ce monde a été englouti, jusque dans ses traces physiques dans le paysage. À Montceau, « on ne lâche pas l’affaire ». C’est ce que beaucoup expriment… On persiste et on lutte.
Même si la mine a disparu, on continue à avoir de l’espoir… 

L’association espérait susciter l’envie des visiteurs de s’abonner au média. D’abord parce qu’ils auraient été séduits par les contenus diffusés ce jour-là, comme le nouveau programme « Moi, Patois » présenté samedi. Pour lequel M. Vallabrègue, auteur du dictionnaire de la langue régionale du bassin montcellien a honoré l’inauguration de sa présence.
Ensuite parce qu’en se rencontrant, le projet ODIL aurait réussi à convaincre de sa nécessité et de sa créativité.

Le Cri du Canari aura sans doute d’autres éditions, auxquelles on espère plus de participants. Mais ODIL considère que c’est une belle réussite.
Parce qu’on croit qu’il est possible de parler de choses sérieuses, ensemble, de manière positive et pourquoi pas festive. Et vous ?