Ça fait quelques temps, qu’on entend parler de plus en plus de LETO. Certains le connaissaient pour son parcours street-art, on le découvre aujourd’hui derrière le micro, dansant sur scène, ajoutant à son arc, autant de flèches qu’il est nécessaire pour se faire entendre.

 

Origine, style, influences, parcours, parle-nous de toi…

Leto Punk Poesie est un projet personnel qui est né il y a 3 ans. Personnellement je n’aime pas trop définir mon travail, mais disons que ma culture étant hip-hop, je suis plus dans la démarche du RAP que du Slam, qui est une culture d’expression davantage issue de la poésie. Sur scène, j’utilise un sampleur, pour envoyer mes instrumentations et en jouer certaines en direct, je passe également au piano et à la guitare.
Avant de monter sur scène pour ce projet, j’ai joué dans deux groupes de rock (guitare, voix, basse et même un peu d’accordéon).
J’ai découvert la culture Hip-hop à la fin des années 90 en Seine-Saint-Denis, je me suis mis à la pratique du Graffiti, avec comme blaze LETO. Je me suis tourné ensuite vers le street art avec du collage en rue et j’ai eu l’occasion de présenter mes peintures et mes sculptures lors de différentes expositions.
Puis, j’ai eu envie de monter sur scène avec des textes sur les thèmes que j’aime traiter. J’ai commencé à faire mes musiques à partir de sample de piano ou de guitare que j’enregistrais chez moi, puis je les nourrissais de sons plus électro.
J’ai également l’occasion, depuis quelques années, de travailler sur des projets de danse contemporaine.
L’idée du projet LETO PUNK POESIE, c’est de pouvoir m’exprimer sur scène avec ma musique, mes textes et mon corps. Ces différents moyens d’expression permettent d’être encore plus précis, nuancé dans ce que j’essaie d’exprimer et c’est un grand plaisir pour moi de pouvoir unir ces différentes pratiques autour d’un unique projet.
Au niveau des influences je citerais Keith Haring, Damien Saez, Kerry James, pour leur œuvre bien sûr, mais aussi pour leur posture en dehors de la scène et face à l’industrie du spectacle ou de l’art en général.

Réalisation, secret de tournage, parle-nous de ce clip…

Le clip « regarde-nous » est né d’abord d’une rencontre avec Thomas Thayhow qui est éducateur spécialisé. Il m’avait vu sur scène et m’a proposé de faire des ateliers d’écriture avec des adultes bi-polaires, schizophrènes et dépressifs chroniques. Je n’ai pas dit oui tout de suite car j’avais pas mal de projet en cours à l’époque, il m’a relancé et j’ai finalement accepté.
Difficile d’exprimer avec ces quelques lignes ce que j’ai vécu lors de ces ateliers, mais ça a été très fort. A la suite de ce travail, avec un groupe d’une dizaine de personnes, Thomas et Sandrine (éducatrice spécialisée également) m’ont demandé de faire un morceau autour de la maladie ; j’ai pris le temps de réfléchir et notamment à la valeur artistique de ce qu’on allait pouvoir faire avec ce qui avait été exprimé pendant les ateliers. J’ai écris, avec leurs textes sous les yeux mais aussi avec la vision de Thomas et de Sandrine qui s’occupaient d’eux avec un professionnalisme et une bienveillance incroyable. Et derrière, tout s’est enchaîné, un budget a été voté pour pouvoir enregistrer le morceau et réaliser le clip.
L’idée du clip était de rester sur une sorte de justesse, pas de fioritures. Du noir et blanc pour que le spectateur s’attarde davantage sur les visages et les expressions.
C’est Clément BORDAT qui a réalisé avec grand talent ce clip. Clément est quelqu’un qui sait mettre à l’aise les gens et il a trouvé le chemin pour que tous les adultes et les enfants qui participaient à ce projet soit juste, soit eux-mêmes, qu’il y ait une sorte de vérité dans tous les gestes et les regards.
Je dois aussi citer quelqu’un qui compte beaucoup pour moi et qui participe grandement à mon accomplissement artistique, c’est Sylvain Debuis avec qui je travaille depuis le début de mon projet. Sylvain a fait les enregistrements des voix, des adultes et des enfants, c’est lui qui a fait ce qu’on appelle la post-production et le mixage du morceau. Sylvain a également apporté son avis précieux pendant le tournage et la réalisation du clip.
Il y a eu beaucoup d’émotions sur cette journée de tournage et les larmes étaient parfois au rendez-vous, mais je crois que c’était un très beau moment de vie.

Entre les lieux de résidence, de concert, le réseau… Que peut offrir la Saône-et-Loire à un musicien ?

Je pense que nous avons la chance, sur Chalon d’avoir des lieux, mais surtout des personnes qui, en plus d’annoncer « aider la scène locale » le font véritablement. J’ai été accueilli et aidé par les équipes du Réservoir à Saint-Marcel et de LaPéniche à Chalon. L’aide de ces structures est très importante pour faire évoluer un projet musical. Les collectifs et associations sont nombreux sur Chalon et ils lancent chaque année des initiatives artistiques et culturelles toujours très intéressantes. (La Méandre, le collectif Nâga,  les Bibliambules, etc…).

Ton actualité…

Deux projets artistiques vont se jouer début 2019 :

– Punk Poesie Project : CONCERT (en lien avec mon ami Chim, photographe et vidéaste).
17 février 2019 – Le Réservoir – Saint Marcel
05 avril 2019 – Les tanneries – Dijon

– Corpus#2  Lucie- Leto : La rencontre entre une danseuse contemporaine et un rappeur. Scénographié et chorégraphié par Alfred Alerte.
27 janvier 2019 – La Péniche – Chalon Sur Saône
13 avril 2019 – L’ECLA – Saint Vallier

– Un nouveau clip : mai 2019

 

Retrouvez le making-of du clip « Regarde-nous » : https://youtu.be/tm7d3n_R4jY
Retrouvez LETO sur Facebook : https://www.facebook.com/Letopunkpoesi/